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09.05.2007

Un Tueur sur la Route - James Ellroy

C’est le premier James Ellroy auquel je m’attaque. Jusqu’ici ce nom sonnait à mes oreilles… vous savez… quand on se dit « Ah oui, c’est un grand, lui… qu’est-ce qu’il a fait déjà ?... Tiens je sais pas en fait… "Le Dalhia Noir" ah oui, c’est lui… Et bien, il serait temps de s’y mettre ! » Alors voilà, c’est fait. Je m’y suis mise. Et je suis bien partie pour enchainer ses autres titres, prometteurs de nuits de lectures bien sombres : "American Tabloid", "American Death Trip", "LA Confidential", "Brown’s Requiem"…

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"Un Tueur sur la route" est un livre froid, glacial, sans pitié. On en ressort frigorifié, comme si le souffle passager du givre avait endolori notre corps tout entier.

On reste figé en lisant le récit de Martin Plunkett - le narrateur. Statufié comme le lapin dans les phares de la décapotable qui fonce sur lui une nuit sur une route de campagne.

Martin Plunkett, est un jeune Californien, beau gosse bien bâti qui semble élevé au lait-cookies préparés par maman au retour de l’école… Or, plutôt que de jouer dans l’équipe de football de la fac et de choisir ensuite de se ranger avec maison, femme et enfants, Martin, lui, a préféré adopter la vie de Super Saigneur…

Super Saigneur, c’est le héros des comics de son enfance. Une sorte de Captain America un peu kitch et version bad boy, qui aime bien le sang, le sexe, le sang et le sexe…

Super Saigneur est celui qui permet à Martin d’échapper à sa folie intérieure, celle qui le rend malade et le tourmente. En se faisant connaitre à la face du monde comme Super Saigneur, Martin croit qu’il va se trouver et se sentir mieux. Oublier des traumas d’enfance (surtout un) et une homosexualité refoulée. Un peu plus tard dans le roman, c’est le sergent Ross-la-belle-moustache qui prendra le relais de mentor… (un grand moment que celle de la rencontre impromptue de deux serial-killers... voir leurs réactions lorsqu'ils se découvrent et le culte qu'ils se vouent ensuite est fantastique...)

 

L’écriture alterne entre confession du tueur depuis sa prison, articles de journaux, rapports de police et extraits du journal intime d’un flic du FBI.

Ce mode est intéressant. Il insuffle beaucoup de véracité au récit. Puis, c’est très jouissif aussi comme position pour le lecteur, Ellroy est un malin… Avec ce choix d’écriture, on se sent « supérieur », du côté de Plunkett, quand on lit les articles.

Toutefois, rapidement, « être du côté » de Plunkett n’a plus rien d’agréable. On ne le comprend pas. On sait ce qu’il pense, pourquoi il tue ou plutôt massacre les gens, mais en même temps il m’a semblé qu’il restait totalement hermétique. Je n’ai pas réussi à comprendre POURQUOI… Plunkett est un personnage qui reste sombre et à la logique nébuleuse. On soupçonne un ou plusieurs traumatismes d’enfance, un problème d’identité sexuelle, une volonté de se trouver en tant que personne, une défaillance psychique (avec l’exemple des petits films intérieurs qui occupent tout son temps d’enfance et d’adolescence)…

Mais le fond de sa personne nous échappe toujours malgré tout…

Il me reste de cette lecture une impression très désagréable.

L’histoire est glauque et violente. Le personnage principal haïssable au possible.

 

Et pourtant…

Et pourtant, il me restera de très nombreuses images de ce récit et pendant longtemps je pense. Là est le tour de force de l’auteur. Nous embarquer avec lui dans la « Mortmobile » de Plunkett, nous le faire le détester, nous donner parfois envie de jeter le bouquin, nous montrer notre impuissance face à certaines choses de la vie…

Et pourtant, à la fin, on redemande du Ellroy.

 

07.05.2007

La lecture du jour

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Un pavé de plusieurs pages qui ne m'a pas trop plu mais que j'ai quand même ingurgité durant de longs mois s'est achevé hier...
 
Puis, finalement à 20 heures je me suis rendue compte que ce n'était pas un roman à l'eau de rose (socialiste évdemment).
 
Plutôt un fantastique à la Stephen King, quand le dangereux psychopathe pervers-narcissique gagne à la fin...
 

03.05.2007

Thierry Pelletier - La France de Toutenbas

 Ca se lit

comme une nouvelle,

comme un article,

comme une brève :

Une petite bafouille de Thierry Pelletier,

inénarrable éduc' spé...

 Je le médite vite,

vite, avant dimanche,

avant que le grand cric

ne nous croque... 

 

D'autre part,

on peut aussi trouver son livre

"La Petite Maison dans la zermi",

chez son éditeur Libertalia.

 

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01.05.2007

Les Cerfs-volants de Kaboul - Extraits

" Le même soir, Baba s'allongea sur le canapé sous une couverture en laine. Je lui servis un thé chaud et des amandes grillées, et le redressai - bien trop facilement - en enroulant mes bras autour de lui. Au toucher, ses omoplates m'évoquaient des ailes d'oiseau. Je remontai la couverture sur sa poitrine, là où les côtes tendaient la peau fine et jaunâtre."

 

"Baba se mouilla les cheveux, les peigna en arrière. Je l'aidai ensuite à enfiler une chemise blanche propre et lui nouai sa cravate, non sans noter au passage l'espace qui restait entre le bouton du col et son cou. Ce vide m'amena à songer à tous les autres qu'il laisserait après sa mort. Je me repris toutefois. Il n'était pas mort. Pas encore. Et cette journée appelait des pensées réjouissantes. La veste de son costume marron, celui qu'il avait revêtu à ma remise de diplôme, était désormais trop grande pour lui, si bien que je dus lui retrousser les manches. Puis je me baissai pour attacher ses lacets."

 

"Juste avant minuit, il exprima le désir d'aller se coucher. Soraya et moi l'aidâmes à regagner son lit. Une fois couché, il la pria d'éteindre sa lampe de chevet. Puis il nous demanda de nous pencher et nous donna à chacun un baiser.

- Je reviens tout de suite avec votre morphine et un verre d'eau, kaka jan, lui dit Soraya.

- Non, ce n'est pas la peine. Je n'ai pas mal ce soir.

- Très bien.

Elle remonta la couverture sur lui et nous refermâmes sa porte.

Baba ne se réveilla pas." 

 

Moi aussi je me souviendrai pour toujours de tes "omoplates en ailes d'oiseau".

Ce n'est pas moi qui aie éteint la lumière de ta chambre cette nuit-là, mais je te vois comme si... 

 

 

http://murmures.hautetfort.com/images/medium_cerfs_volants220.jpg

 "Les Cerfs-volants de Kaboul" - Khaled Hosseini

 

 

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